En d’autres termes comment passer des trois dimensions de la sculpture aux deux dimensions de la photo de sculpture ?
La réponse de Stéphane Gantelet, en résonance avec les mots de Juliette Mézenc, passe par une recréation en image « Quasi-virtuelles » de ses sculptures en bronze.
De cette manière, chacune des sculptures revisitées s’affranchit de son ancien support pour s’épanouir différemment en images de synthèse.
« La sculpture, au sens où on l’entend communément, est une création d’objets dans l’espace à l’aide de matière. On obtient donc une forme en trois dimensions.
Lorsque s’est présentée l’opportunité de réaliser un catalogue, je me suis demandé comment passer de l’objet bronze à l’image. En d’autres termes, comment passer des trois dimensions de la sculpture aux deux dimensions de la photo de sculpture ? La contradiction évidente entre le papier et la nature volumétrique de mes pièces m’a donné une idée : utiliser les ressources de l’image de synthèse pour mettre en scène mes sculptures dans un espace virtuel et obtenir ainsi, en bout de chaîne, une photo conçue et réalisée avec un outil capable de restituer l’idée de volume.
Cela dit, si on considère que la sculpture s’inscrit dans un espace volumétrique, la transposition de cette idée à l’image de synthèse nous amène à admettre l’espace virtuel de la 3D non comme un espace vierge mais plutôt comme un espace vide.
En effet, il n’est plus question de gravité, de densité de l’air ni d’espace géographique précis. L’expression se fait alors dans un cadre vierge de toutes références mécaniques et culturelles a priori. Dès lors, il devient possible de rompre tout lien avec la terre et le socle afin de libérer la forme des contraintes de la matière, en l’occurrence du bronze.
Il y a quelques années, à propos de sculpteurs contemporains, Pierre Dallaire écrivait dans la revue « Le Mausolée » qu’avec eux nous assistions à un nouvel âge du bronze. Il évoquait l’utilisation d’empreintes et de matières calcinables autres que la cire dans la fusion de leurs sculptures en bronze ainsi que le jeu incessant avec les limites de l’équilibre et de la résistance du matériau. Les sculptures résultant de ce processus ne pouvaient donc exister que « pour » et « dans » le bronze.
Souvent mes sculptures commencent avec des maquettes en papier qui brûlent dans le processus de la fonte du bronze. A l’inverse, le bronze « défusionne » en quelques sorte dans l’espace vide de l’ordinateur et acquiert le statut à part entière de solide virtuel. La représentation ainsi générée n’existe que « pour » et « dans » l’image.
Partant de cette proposition en trois dimensions, il était intéressant de l’augmenter d’une dernière perspective : le point de vue d’un écrivain.
Les textes de Juliette Mezenc dialoguent librement avec chacune des images livrant de la sorte un point de vue singulier et ouvrant la voie à d’autres perspectives. »
Ce livre d’images de synthèse conçues et fabriquées à partir des sculptures en bronze de Stéphane présente les 30 images de synthèse que vous pouvez voir plus haut, en double page sur un papier de qualité.
Elles sont accompagnés de 30 textes court de Juliette Mézenc, écrivain, qui livre un point de vue en mot sur leur interprétation.
Le livre comprend également une version Française, Anglaise et Italienne des textes.
Les 3 dernières pages montrent les sculptures en bronze qui ont servie de support à la création de l’image.
Il sera diffusé en librairie en France et en Italie ainsi que sur Ebay en achat immédiat à partir de septembre 2006.
Conception PYGMASOFT